ARCAL & Louise Moaty

MERCREDI 30 ET JEUDI 31 MARS À 19H30

Création parisienne

JDD

Note d’intention :

Dans Journal d’un disparu, on suit à travers son journal le parcours d’un jeune paysan fasciné par une tsigane chassée de son village, et qui choisit de s’enfuir avec elle et leur jeune fils. La metteur en scène Louise Moaty a choisi également de donner voix à la tsigane, en donnant à entendre la culture littéraire rrom méconnue, avec des poèmes extraits de Chants et Poèmes et Xargatune droma (Routes d’antan) de la grande poétesse rrom et polonaise Papusza (Bronislawa Wajs 1908-1987), qui a exploré dans son oeuvre les thèmes chers à Janacek : le rapport à la nature, la liberté, la marginalité (les Rroms et tsiganes ont été aussi exterminés dans les camps nazis).
Ce travail continue celui présent dans La Petite Renarde Rusée, où se retrouve la figure de la femme libre : renarde dans La Petite Renarde Rusée ou tsigane dans Journal d’un disparu, c’est la liberté que se donnent ces femmes en s’émancipant qui attire irrésistiblement les hommes des villages de ces deux oeuvres. Il est ici question d’explorer la figure de projection que sont les Tsiganes dans notre représentation occidentale, lieu de fantasmes tantôt positifs comme ici chez Janacek où ils représentent la liberté, tantôt négatifs comme certains discours autour du «problème rrom» aujourd’hui. Cet usage d’un groupe comme support privilégié de nos regrets (quelles libertés nous nous autorisons ou nous nous refusons et pourquoi) ou de nos peurs est d’autant plus fort que le groupe est muet. D’où l’importance de redonner une parole – et une parole artistique, donc transcendante – à la tsigane.


D’après Le Journal d’un disparu, cycle de chants (Brno, 1921), de Leos Janacek, sur des poèmes de Josef Kalda et des poèmes de Papusza (Bronislawa Wajs), poétesse Rrom, extraits de Chants et Poèmes & Xargatune droma (Routes d’antan)

Mise en scène :
Louise Moaty

Conseil musical et linguistique (tchèque) :
Irène Kudela

Direction artistique :
Catherine Kollen


Avec :
Paul Gaugler, ténor (le jeune paysan)
Albane Carrère, mezzo-soprano (la tsigane)
Ienissei Ramic, piano

Production :
Arcal

Coproduction :
Compagnie Louise Moaty, Le Silo de Méréville, association Farine de Froment,

La Barbacane, scène conventionnée de Beynes (78)

Crée à La Barbacane le 6 février 2016


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LOUISE MOATY

En janvier et février 2016, Louise Moaty met en scène pour l’Arcal La Petite Renarde Rusée de
Janacek (avec TM+) et Conte de Liberté / Journal d’un disparu, spectacle mêlant des textes de la poétesse rrom Papusza et le Journal d’un disparu de Janacek.

Passionnée par le lien entre théâtre, musique et arts plastiques, elle crée en août 2014 This is not a dream avec le pianiste russe Alexei Lubimov : un dialogue entre la musique de Satie et celle de Cage jouées sur trois pianos (dont un préparé et un toy) et les images qu’elle fabrique et projette en direct avec une lanterne magique réinventée (Royaumont, Cité de la Musique, Amiens, Orléans, Caen, Maastricht, Gand, Genève, Metz, Mexico…).

En 2013-2014, elle met en scène L’Empereur d’Atlantis, opéra de Viktor Ullmann et Petr Kien, avec l’Arcal et l’ensemble Ars Nova (Théâtre de l’Athénée, Maison de la Musique de Nanterre, Opéra de Massy…). Son Rinaldo, de Haendel, créé en 2009 avec Collegium 1704, s’est joué jusqu’en juin 2014 à Prague, à Caen, Rennes, Luxembourg, Versailles et Lausanne. En 2012- 2013, elle met en scène Venus and Adonis de John Blow avec les Musiciens du Paradis à Caen, Lille, Luxembourg, Grenoble, ou bien encore à l’Opéra Comique. En 2011, c’est Les Mille et Une Nuits qu’elle adapte, met en scène et joue aux côtés de l’ensemble la Rêveuse, et, en 2010, La Lanterne magique de M. Couperin, avec le claveciniste Bertrand Cuiller, aujourd’hui toujours en tournée avec Violaine Cochard, et présenté à La Pop les 15, 16 et 17 avril.

Elle crée également la mise en espace des shows Ela et Soyo de la chanteuse franco-brésilienne Dom la Nena (2013, 2015), et, à l’automne 2015, Paris New-York Odessa pour le Festival d’Île-de- France. Ce spectacle conçu avec des musiciens issus des Yeux Noirs aborde le thème de la migration à travers le parcours des juifs d’Odessa à New-York au début du XXe siècle, en musique, images et textes issus des Récits d’Ellis Island de G. Pérec et R. Bober.

Actrice, elle s’est formée aussi au chant et au trapèze, et a soutenu un master d’études théâtrales à Paris III. Elle joue pour Eugène Green, Clément Postec, Perrine Mornay, Alexandra Rübner, Jordi Savall, Nicolas Vial ou Benjamin Lazar, auprès de qui elle a souvent collaboré à la mise en scène : Pyrame et Thisbé de Théophile de Viau au Théâtre de l’Athénée dans lequel elle incarne Thisbé, le Bourgeois Gentilhomme de
Molière et Lully où elle joue Lucile et de nombreux opéras… Leur fraternité théâtrale la conduit à interpréter Leah dans sa mise en scène du Dibbouk d’An-Ski, en tournée en France en 2015-16 (production MCA Amiens).

Elle crée en 2015 la Compagnie Louise Moaty afin de mener ses propres aventures, de porter de façon libre et autonome ses propositions et leur inscription dans l’espace public. En s’appuyant sur des textes contemporains ou du répertoire, et défendant notamment les textes poétiques comme lieux d’émancipation de la pensée, il s’agira toujours dans une grande liberté de formes et de médiums utilisés de créer de nouveaux rapports aux spectateurs, au plateau comme sur le territoire, en proposant le partage d’expériences singulières pour chercher à ouvrir de nouveaux horizons.

ARCAL

Créé en 1983 par Christian Gangneron, et dirigé depuis 2009 par Catherine Kollen, l’Arcal a pour but de rendre l’opéra vivant et actuel pour tous nos contemporains, y compris ceux qui se pensent les plus éloignés de cet art, pour « rendre sensible » et être source de questionnement à soi-même et au monde.`
Pour atteindre son rêve, l’Arcal travaille selon des axes complémentaires :

– La création de spectacles de théâtre lyrique et musical, combinant chaque année opéra de chambre (de 17 à 50 personnes en tournée) et formes légères hors-les-murs (de 2 à 5 personnes en tournée), avec un esprit gourmand de découverte qui s’est traduit depuis 32 ans par 61 productions, de Monteverdi à aujourd’hui, dont 19 partitions nouvelles commandées à des compositeurs et de nombreuses oeuvres des XVIIe, XVIIIe et XXe siècles redécouvertes ;

– La diffusion de ses spectacles en tournée,avec 60 à 80 représentations par saison (soit 1924
depuis sa fondation), dans des lieux très variés, touchant ainsi un large public : des maisons d’opéra, des théâtres non spécialisés (scènes nationales et conventionnées, centres dramatiques nationaux, théâtres de ville, festivals…), des lieux atypiques : écoles maternelles et primaires, cafés, prisons, salles des fêtes, hôpitaux, maisons de retraite, appartements, églises, permettant de provoquer des rencontres passionnantes avec des personnes qui ne connaissent pas l’opéra ;

– L’accompagnement de jeunes artistes des arts de la scène lyrique (chanteurs, metteurs en scène, écrivains, compositeurs, comédiens, marionnettistes, chefs d’orchestre, orchestres, vidéastes, scénographes…) par des actions de formation, d’insertion professionnelle, de rencontres, d’expérimentations, lors de résidences- laboratoires, de compagnonnage, et de prêt de salles de répétition ;

– L’accompagnement de nouveaux publics par des actions spécifiques de sensibilisation ou de pratique artistique, dans les écoles, collèges et lycées, les conservatoires, les quartiers en difficulté, les maisons de retraite, les prisons, les zones rurales, les hôpitaux (600 heures et 3000 bénéficiaires par an), voire avec des opéras chantés par des enfants (Brundibar en 2014 et 2015, À propos de Bottes en 2015, Désarmés en
2017).