Songline de Marc Mauillon, Yannick Hugron et Stéphanie Langard

JEUDI 8, SAMEDI 10 DECEMBRE A 19H30 & DIMANCHE 11 DECEMBRE A 16H30

Création

Note d’intention :
«Ce spectacle s’inspire du livre Songlines (en français « Le chant des pistes ») de Bruce Chatwin, qui raconte la vibrante expérience de l’auteur à la recherche des itinéraires chantés des aborigènes australiens; ces itinéraires chantés, véritables cartes permettant de se repérer dans le désert, sont l’héritage des ancêtres du « temps du rêve » car dans la mythologie aborigène tout ce qui existe a dû être chanté pour être créé. Adapté au rythme de la marche, le chant est alors guide et allié dans ce milieu hostile. Voilà maintenant plus de 25 ans que le chant remplit ce même rôle dans ma vie. Le chant exprime et façonne, élève l’esprit et l’âme, guide et inspire, rassure et donne du courage, partage et rassemble…

Solo : c’est tout seul, comme ces aborigènes qui partent en « walkabout » que j’ai décidé de présenter mon itinéraire, comme une initiation qui se doit d’être solitaire. Un bagage minimum, un récital nomade, adaptable et évolutif, avec juste cette ligne de chant pour guide, sans accompagnement. Une quête d’essentiel, une ascèse qui met en valeur les infinies possibilités de « l’instrument humain ». L’abondance dans la simplicité.

Songline : le titre a perdu son pluriel et devient personnel : une proposition, une direction, une seule ligne de chant. Monodie. Tout tient dans cette ligne chantée qui se suffit à elle-même et qui crée un monde en soi.

L’unique portée sur la partition devient temps et espace et me voici connecté à mes propres ancêtres du « Temps du rêve », mes « ancêtres » musiciens, du VIIIème au XXIème siècle, avec lesquels le lien est bien vivant et le message, sacré ou profane, toujours vibrant. Il s’incarne dans un corps pensé comme une matière modulable. L’incarnation est humaine, animale, végétale. Ces chants suscitent des variations de densité du corps et créent par ce filtre une émotion. Le corps lui-même devient une cartographie qui entre en résonance avec ce qui l’entoure.

La scénographie, paysage en mouvement, se façonne, se construit ou se décompose, témoin de notre traversée.

L’immatériel avec la musique et la voix, la matière solide avec le décor et la matière muable avec le corps, ces trois trames évoluent séparément, se rencontrent parfois et nous racontent une ou plusieurs histoires.»

Marc Mauillon

 

Répertoire musical envisagé :

Anonyme (XIVème S.) Ave stella matutina

Giacinto Scelsi (1905-1988) Taïagaru n°1

Jehan de Lescurel (??? – 1304) Dame par vos doux regard

Gratiosus de Padua (1391 – 1407) Alta regina de virtute

Anonyme (XVème S.) Quant la doulce jouvencelle

Philippe Leroux (1959) Ma belle si tu voulais

Gregorio Calonista (XIVème S.) Sento d’amor la fiamma

Meredith Monk (1942) Wa-lie-oh from Song from the hill 

Guillaume de Machaut (1300 – 1377) Comment qu’a moy lonteine

Jehan de Lescurel (??? – 1304) Bien se lace

(Déclamation improvisée) Tutto il dí piango

Anonyme Haimè perche m’hai privo

Guillaume de Machaut (1300 – 1377) Se ma dame m’a guerpy

Georges Aperghis (1945) Récitation n°12

Anonyme (VIIIème S.) Parestosa

Bernart de Ventadorn (1145 – 1195) Estat ay com om esperdutz

Blanche de Castille (1188 – 1252) Amours ou trop tard me sui pris

Anonyme (codex Las Huelgas) Eterni numinis

 

Avec :
Marc Mauillon (conception du spectacle, interprétation et choix musicaux), Yannick Hugron (chorégraphie), Stéphanie Langard (design et scénographie) 

 

Conception scénique, interprétation et choix musicaux :
Marc Mauillon

 

Mise en scène et chorégraphie :
Yannink Hugron

 

Design et scénographie :
Stéphanie Langard

   

Production déléguée :

La Pop

Durée :

1h00

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MARC MAUILLON

Au cours de la saison 2016/2017, Marc Mauillon est particulièrement présent sur les scènes d’opéras françaises. Il fait notamment ses débuts dans le rôle-titre de L’Orfeo de Monteverdi à l’Opéra de Dijon, chante le rôle de Pelée dans Alcyone de Marais à l’Opéra-comique de Paris et à l’Opéra royal de Versailles, ainsi que le rôle du Dancaïre dans Carmen (Bizet) au Festival International d’Art lyrique d’Aix-en-Provence ; on l’entend également dans le rôle de Mercure (Orphée aux enfers d’Offenbach) à Angers Nantes Opéra et le rôle de Momo (L’Orfeo de Rossi) à l’Opéra national de Bordeaux et au Théâtre de Caen.

Il ne délaisse pas pour autant les répertoires plus intimes et se produit à nouveau cette saison aux côtés de Jordi Savall et son ensemble Hespèrion XXI, Vincent Dumestre et Le Poème Harmonique, l’ensemble La Rêveuse, en récitals avec les pianistes Anne le Bozec et Guillaume Coppola, sa sœur la harpiste Angélique Mauillon ou encore en solo, pour son programme « Songline ».

Parmi ses récents engagements citons le rôle-titre de Pelléas et Mélisande de Debussy à l’Opéra de Malmö (Suède), ses apparitions à l’Opéra national de Lorraine dans les rôles de Mercure (Orphée aux Enfers d’Offenbach) et Momo (Orfeo de Rossi), des concerts avec l’ensemble Pygmalion à la Chapelle Royale de Versailles, les Talens lyriques à la Philharmonie de Paris, l’Orquesta Nacional de España à Madrid, ou encore les Arts Florissants au Edinburgh International Festival.

L’ensemble de la carrière de Marc Mauillon est à l’image de cette diversité et de cette richesse ; ainsi, parmi les moments forts qui ont marqué son parcours, citons ses rencontres avec William Christie et les Arts Florissants à l’occasion du Jardin des Voix 2002, le gambiste Jordi Savall, ou encore Vincent Dumestre et le metteur en scène Benjamin Lazar ; rencontres qui ont d’ores et déjà donné lieu à de nombreuses collaborations, parmi lesquelless AtysPlatéeArmideDido & Aeneas et de nombreux concerts de motets et d’airs de cour avec Les Arts Florissants, des concerts et enregistrements avec Jordi Savall et son ensemble Hespérion XXI, les rôles-titres d’Egisto (Cavalli) et Cadmus et Hermione (Lully) avec Vincent Dumestre et Benjamin Lazar, ce dernier l’ayant également mis en scène dans la création de Cachafaz (Oscar Strasnoy d’après une pièce de Copi), qui a remporté un vif succès critique et publique.

Amoureux de la polyphonie, il la retrouve régulièrement avec les ensembles Doulce Mémoire, de Denis Raisin-Dadre, Le Poème Harmonique de Vincent Dumestre et l’ensemble La Rêveuse de Benjamin Perrot et Florence Bolton ; par ailleurs, depuis 2009, il mène avec Pierre Hamon, Angélique Mauillon et Vivabiancaluna Biffi un travail sur l’œuvre de Guillaume de Machaut, ayant donné lieu à trois enregistrements régulièrement donnés en concert.

Dans le domaine de la création contemporaine, outre Cachafaz, il a été l’interprète de Marc-Olivier Dupin (rôle-titre de Robert le Cochon et Robert le Cochon et les Kidnappeurs), d’Eötvös (Roger dans Le Balcon), de Dusapin (Roméo 2 dans Roméo et Juliette) et Kaya Saariaho (Jaufré Rudel dans L’Amour de loin).

En 2014, Marc Mauillon ajoute la corde pédagogique à son arc, en devenant professeur de chant au Pôle Sup’ 93, après avoir donné plusieurs master-classes en France et à l’étranger (notamment à Moscou cette saison).

YANNICK HUGRON

Yannick Hugron se forme au centre chorégraphique de Montpellier ainsi qu’au conservatoire supérieur de Lyon. Il rejoint le centre chorégraphique de Grenoble de Jean Claude Gallotta en 1998 jusqu’à aujourd’hui. Il prend part à presque toute les pièces du chorégraphe ainsi qu’à plusieurs transmissions de répertoire en France et à l’étranger. En parallèle, il participe à de nombreux projets avec notamment : Annabel Bonnery, les gens d’Uterpan, le Pôle. Il cofonde en 2005 au Japon le groupe Kayaku project, collectif d’artistes d’horizons différents.

STEPHANIE LANGARD

Collée aux basques de son père, ébéniste d’art, la designer, architecte d’intérieur et directrice artistique Stéphanie Legrand a grandi au milieu des copeaux de bois, des outils, dans l’atelier installé au fond du jardin de la maison familiale, en Normandie. « Jusqu’à mes 20 ans, il y avait plus de marteaux, de ciseaux à bois, dans mon sac que de trucs de fille. »

Avec son père, elle se rend régulièrement à Paris, mais uniquement faubourg Saint-Antoine, qui accueille alors de nombreux ateliers d’artisans. Et lorsqu’elle emménage dans la capitale, c’est tout naturellement là qu’elle cherche des bureaux. Elle est, dit-elle, comme son père, curieuse de tous les matériaux, des techniques de fabrication. Elle a envie de tout essayer, même si, reconnaît-elle « l’inconvénient est que l’on a tendance à se disperser ».

Stéphanie aime parcourir les sentiers escarpés, dissimulés dans la forêt, mais, au final, tellement plus beaux. La preuve : elle travaille actuellement sur une collection de boîtes en ronce de chêne, élaborée à partir d’une souche pourvue de nombreux noeuds ­ fait rarissime car les chênes sont cultivés et traités pour éviter semblables « défauts ».

« C’est la scierie avec laquelle j’ai travaillé pour le moule de ma toupie qui m’a offert la souche. Cette matière destinée au feu était un joli prétexte à créer une vie. » Stéphanie a isolé les agglomérations de noeuds ­ plus d’une quarantaine ­, les a débitées en septembre dernier, numérotées, et, depuis, elles reposent dans un séchoir, l’humidité réclamant du temps avant de se résorber. « C’est un métier qui exige de la patience », ajoute-t-elle.

Son visage s’anime dès qu’il s’agit d’évoquer le travail des artisans, les processus de fabrication, les contraintes de la matière, ses qualités… Ces luxueuses boîtes ­ chacune unique ­ seront pourvues de couvercles en verre, en biscuit… Quant à la toupie, c’est son porte-bonheur, ce qui l’a fait basculer de l’architecture intérieure vers le design et l’artisanat.

Conçue pour les D’Days ­ tous les ans, l’événement inspire une création exclusive à Stéphanie ­, la toupie est faite d’un globe en verre soufflé à la bouche, posé sur un axe en bois d’olivier. Et lorsqu’elle se met à tourner, un pompon de soie s’agite au milieu du globe, tel le tutu d’une danseuse.

Le frère de Stéphanie, ingénieur, a conçu le plateau en métal qui dessine l’espace de rotation. Là encore, la créatrice a entraîné dans son sillage des artisans de talent : le verrier Silicybine, Declerq Passementeries et le métallier Machinox. Présentée à Moscou en 2014 dans le pavillon des Savoir-faire français, la toupie aurait pu trouver acquéreur, « mais je l’ai vue comme un symbole et je l’ai gardée pour moi ».

Design, mode et érotisme. Aujourd’hui, Stéphanie se passionne pour ses nouvelles fonctions de directrice artistique de la marque de lingerie Sarrieri, qui ont débuté avec l’aménagement de la boutique située rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris. « Je ne pense qu’à ça, dit-elle. Avant, j’achetais tous les magazines de déco ; aujourd’hui, je prends aussi tous les journaux de mode. » Iulia Dobrin, la fondatrice de Sarrieri, avait beaucoup aimé la chaise de la collection érotique « Tolérance », créée par la designer pour l’édition 2013 des D’Days et exposée à la galerie Slott (75003 Paris). Cinq pièces ­ banquette, chaise, miroir… ­ « que chacun peut s’approprier au gré de ses aspirations ». Et qui, bien sûr, ont été fabriquées dans le respect des métiers d’art. Quand on vous dit que Stéphanie ne fait rien comme les autres…