JOURNAL D’UN DISPARU

PAR ARCAL ET LOUISE MOATY

 

 

Dans Journal d’un disparu, on suit à travers son journal le parcours d’un jeune paysan fasciné par une tsigane chassée de son village, et qui choisit de s’enfuir avec elle et leur jeune fils. La metteur en scène Louise Moaty a choisi également de donner voix à la tsigane, en donnant à entendre la culture littéraire rrom méconnue, avec des poèmes extraits de Chants et Poèmes et Xargatune droma (Routes d’antan) de la grande poétesse rrom et polonaise Papusza (Bronislawa Wajs 1908-1987), qui a exploré dans son oeuvre les thèmes chers à Janacek : le rapport à la nature, la liberté, la marginalité (les Rroms et tsiganes ont été aussi exterminés dans les camps nazis).
Ce travail continue celui présent dans La Petite Renarde Rusée, où se retrouve la figure de la femme libre : renarde dans La Petite Renarde Rusée ou tsigane dans Journal d’un disparu, c’est la liberté que se donnent ces femmes en s’émancipant qui attire irrésistiblement les hommes des villages de ces deux oeuvres. Il est ici question d’explorer la figure de projection que sont les Tsiganes dans notre représentation occidentale, lieu de fantasmes tantôt positifs comme ici chez Janacek où ils représentent la liberté, tantôt négatifs comme certains discours autour du «problème rrom» aujourd’hui. Cet usage d’un groupe comme support privilégié de nos regrets (quelles libertés nous nous autorisons ou nous nous refusons et pourquoi) ou de nos peurs est d’autant plus fort que le groupe est muet. D’où l’importance de redonner une parole – et une parole artistique, donc transcendante – à la tsigane.

 

MERCREDI 30 ET JEUDI 31 MARS À 19H30
[CRÉATION]